Les revenus des artistes-auteurs peuvent être très variables en fonction de l’activité, du domaine artistique et de sa notoriété. En France, les statistiques dévoilent des revenus peu élevés, avec un revenu médian de moins de 14 000 € par an (mais certains artistes à succès ont des revenus très élevés). Dans tous les cas, il est nécessaire de déduire les cotisations de l’URSSAF et de la retraite complémentaire, en fonction de votre chiffre d’affaires. Explications.
Qu’est-ce qu’un artiste auteur ?
L'artiste-auteur est une personne qui crée une œuvre de l’esprit, par exemple des livres, des peintures ou des films. Cela regroupe plusieurs types d’activités :
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les arts graphiques et plastiques : peintures, sculptures, photographies, graphisme
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l’écriture et l’illustration de livres : œuvres littéraires, traductions, illustrations, etc.
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les œuvres cinématographiques et audiovisuelles (un réalisateur ou un scénariste, par exemple)
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la composition de musique
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les œuvres chorégraphiques
Cette liste n’est pas exhaustive, d’autres activités relèvent du statut d’artiste-auteur, par exemple des modèles originaux de design, des écrits scientifiques ou encore la création de logiciels informatiques.
Les œuvres d’un artiste-auteur sont protégées par le droit de la propriété intellectuelle.
Attention, l’artiste-auteur est distinct de l’artiste-interprète (un comédien, danseur, acteur…). Le statut est différent : l’interprète est généralement salarié ou intermittent du spectacle.
Quel statut pour devenir artiste-auteur ?
Si vous exercez l’une de ces activités et que vous en tirez un revenu, vous êtes affilié au régime social des artistes-auteurs. Celui-ci est différent du statut des artisans ou des professions libérales, qui ont généralement des revenus plus stables.
Ce régime social est géré par l’URSSAF Limousin qui distingue les revenus principaux perçus par l’artiste-auteur et les revenus accessoires générés par le prolongement de l’activité artistique principale.
L’artiste-auteur est considéré comme un travailleur non-salarié, mais il possède une protection sociale proche du statut de salarié. Par ailleurs, certains professionnels sont exonérés de Cotisation sociale des entreprises (CFE), comme les auteurs et compositeurs, les artistes lyriques et dramatiques, les peintres, sculpteurs et dessinateurs, et les photographes d’art.
Attention, le statut d’artiste-auteur ne vous concerne pas si vous utilisez un processus mécanique pour reproduire en série vos œuvres ou vous exécutez des tâches conçues par d’autres professionnels.
Quel est le salaire d’un artiste auteur ?
Le salaire moyen d’un artiste-auteur en France
Le statut d’artiste-auteur regroupe des activités différentes, avec des revenus très hétérogènes, il est donc difficile de calculer le salaire moyen.
Dans la plupart des cas, le salaire d’un artiste-auteur dépend du domaine artistique, de sa notoriété et de son activité.
D’après les études du ministère de la Culture, le revenu moyen d’un artiste en 2018 était de 29 800 €, mais le revenu médian était de 13 700 € (c’est-à-dire qu’une moitié des artistes-auteurs gagnent plus et l’autre moitié gagne moins).
Les revenus varient aussi selon la discipline exercée : les compositeurs de musique et d’œuvres audiovisuelles gagnent généralement plus que les écrivains et auteurs dramatiques. Eux-mêmes gagnent plus que les peintres, les graphistes ou les photographes d’art (en général).
Selon un rapport, 75 % des artistes-auteurs gagneraient moins de 10 000 € par an, bien que les activités artistiques soint souvent complétées par d’autres sources de revenus.
Les cotisations d’un d’artiste-auteur
Comme pour un microentrepreneur, l’artiste-auteur doit déduire de son revenu l’URSSAF et les cotisations retraites qui sont obligatoires à partir d’un certain niveau de CA. C’est l’IREC qui détermine le montant de cotisation retraite complémentaire.
Voici les taux de cotisation d’un artiste-auteur :
| Assurance vieillesse déplafonnée | Assurance vieillesse plafonnée | Contribution sociale généralisée (CSG) | Contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) | Contribution à la formation professionnelle | |
|---|---|---|---|---|---|
Taux |
0,40 % pris en charge par l’État, soit 0 % |
6,90 %, dont 0, 75 % pris en charge par l’État (soit un taux final de 6,15 %) |
9,20 % |
0,50 % |
0,35 % |
À noter : si vous déclarez vos revenus en BNC, l’assiette fiscale correspond à votre bénéfice (ou les recettes brutes en micro-BNC), majoré de 15 % avant l’application des taux. Si vous déclarez vos revenus en TS (traitements et salaires), les taux sont appliqués sur le montant brut.
Le diffuseur, qui verse les droits d’auteur ou achète l’œuvre, est aussi redevable de contributions (une contribution diffuseur et une contribution à la formation professionnelle) afin de financer la protection sociale des artistes-auteurs.
Comment est rémunéré un artiste-auteur ?
Les revenus d’un artiste-auteur sont divisés en deux sources :
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les revenus principaux issus de la création et de l’exploitation d’une œuvre
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les revenus accessoires issus du prolongement de l’activité artistique.
Les revenus accessoires peuvent prendre la forme d’ateliers artistiques ou d’écriture, d’une exposition d’art, de séances de dédicaces, de lectures publiques, etc. Ils sont soumis au même régime social, mais ils sont plafonnés (14 256 € en 2025). Si l’artiste dépasse ce plafond, les revenus excédentaires sont soumis au régime général des travailleurs indépendants.
Voici d’autres exemples de rémunérations d’un artiste-auteur :
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vente ou location des œuvres
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exercice ou cession des droits d’auteur
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remise d’un prix
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attribution d’une bourse de création ou de production
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participation à un jury, etc.
À savoir : si les revenus accessoires dépassent 50 % des revenus totaux des trois dernières années d’activité, l’artiste-auteur doit ensuite cotiser (pour les revenus accessoires) au régime de la Sécurité sociale des indépendants (SSI).