Depuis quelques années, les microentrepreneurs sont de plus en plus souvent contrôlés par l’URSSAF et les impôts. Plusieurs raisons peuvent l’expliquer : ce statut est devenu massif et l’enjeu du recouvrement pour l’administration est énorme. De plus, les outils de vérification utilisés permettent de recouper les données issues des plateformes en ligne, de l’URSSAF et des impôts, et de mettre en place une surveillance systématique. En 2026, les contrôles risquent de s’intensifier pour les microentreprises . Focus.
Est-ce que les microentreprises sont contrôlées par l’URSSAF ?
Les microentrepreneurs peuvent être contrôlés par l’URSSAF, comme n’importe quelle autre entreprise. Même si la comptabilité est allégée en microentreprise, il faut tout de même rendre des comptes lorsque l’administration fiscale l’exige !
Le rôle de l’URSSAF est justement de vérifier la conformité de vos déclarations de CA et le paiement de vos cotisations sociales.
Les contrôles peuvent être déclenchés pour plusieurs motifs : ils peuvent être aléatoires, en cas de dépassement des plafonds, d’irrégularités ou d’incohérences dans les déclarations, en cas de soupçon de travail dissimulé ou de contrôle chez un client (pour récupérer des informations).
Il est donc indispensable de tenir une comptabilité à jour, de bien faire ses déclarations et de payer ses cotisations sociales en temps et en heure, pour éviter un contrôle de l’URSSAF.
Comment sont contrôlées les microentreprises ?
Les microentrepreneurs peuvent être contrôlés sur pièces ou sur place, comme les autres entreprises, mais ils sont plus fréquemment contrôlés sur pièces (petite structure et comptabilité allégée).
Dans ce cas, le contrôle est effectué à distance, sur la base des documents à transmettre. Vous recevez un avis de contrôle en lettre recommandée avec accusé de réception, qui précise la date du début de l’opération et les documents à fournir. En général, l’avis est envoyé 30 jours avant le contrôle de l’URSSAF.
Le contrôleur examine le livre des recettes, le registre des achats (pour les activités d’achat-vente), les déclarations de CA, les factures émises et les relevés du compte bancaire dédié à l’activité professionnelle (si vous en avez un et si votre CA dépasse 10 000 € par an).
L’administration peut formuler une demande de renseignements, d’éclaircissements, de justifications, une procédure de redressement fiscal ou se clôturer sans sanction (dans le meilleur des scénarios !).
Qu’est-ce qui déclenche un contrôle fiscal autoentrepreneur ?
Les contrôles peuvent être déclenchés aléatoirement ou par des signaux d’alerte :
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des incohérences ou des erreurs dans les déclarations de CA et/ou de revenus
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un dépassement du seuil de chiffre d’affaires du régime de la micro
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une différence entre le train de vie et les revenus déclarés
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une forte croissance inexpliquée du CA
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le contrôle d’un client ou d’un fournisseur
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une dénonciation.
Par exemple, si vous avez eu un contrôle fiscal personnel (sur vos déclarations de revenus) et qu’il y a une suspicion concernant votre activité en microentreprise, vous pouvez subir un contrôle URSSAF, peu de temps après.
Également, les microentrepreneurs qui sont sur certaines plateformes, comme Malt, sont systématiquement contrôlés 3 ans plus tard. En 2024, l’URSSAF a contrôlé les indépendants qui étaient inscrits depuis 2021, en 2025, ceux qui y étaient en 2022 et en 2026, ceux qui y étaient en 2023.
Leur but est de s’assurer que vous avez bien inclus la marge de la plateforme dans votre chiffre d’affaires.
De plus en plus de contrôles des microentreprises ces dernières années
Ces dernières années, les microentreprises sont de plus en plus souvent contrôlées. Plusieurs facteurs interviennent dans ce constat.
D’abord, le régime de la micro a connu un essor et un grand succès depuis sa création et il existe aujourd’hui plusieurs millions de microentrepreneurs en France.
Et plus il y a de microentrepreneurs, plus l’enjeu du recouvrement est important : l’administration se mobilise donc davantage pour recouvrir les sommes des cotisations sociales et des impôts.
À côté de cette explication, il y a celle de la lutte contre la fraude et le travail dissimulé. Avec un statut simplifié, les abus se multiplient plus facilement. Avec les contrôles, l’administration traque les sous-déclarations, le travail dissimulé et le dépassement des plafonds.
De plus, les outils de contrôle se sont développés et sont plus sophistiqués en 2026 (notamment avec le croisement des données de l’administration fiscale et de l’URSSAF). Il est donc plus simple de repérer les anomalies et de cibler plus efficacement un contrôle.
Que faire en cas de contrôle de votre microentreprise ?
Si vous recevez un avis de contrôle pour votre microentreprise, ne paniquez pas, ce n’est pas si rare ! Vous devez avoir un délai suffisant pour vous préparer, d’au moins 15 jours (plus généralement de 30 jours).
L’avis doit préciser la date du contrôle, le nom de l’inspecteur, la nature du contrôle (URSSAF ou fiscal) et vos droits (la possibilité de vous faire assister, par un expert-comptable ou un avocat fiscaliste, par exemple).
Si la date ne vous convient pas, ne perdez pas de temps et contactez immédiatement l’inspecteur pour demander un report. Si une vérification sur place est demandée, confirmez l’adresse.
Le plus important pour vous consiste à fournir les documents demandés rapidement. En principe, cela concerne le livre de recettes, le registre des achats, les factures, les relevés bancaires (compte dédié à votre activité, le cas échéant) et les déclarations de CA.
Pendant le contrôle, restez courtois et répondez clairement aux questions. N’oubliez pas que vous êtes face à une personne qui fait son travail.
À la fin du contrôle, vous recevez une proposition de rectification, une lettre d’observation, un redressement ou rien du tout !
Le conseil ultime de Superindep ? Restez rigoureux et vigilant dès que vous facturez un client, que vous faites une déclaration (URSSAF, TVA ou impôts). Surtout, tenez votre comptabilité à jour ! N’oubliez pas aussi de conserver les documents importants (factures, devis, justificatifs achats et vente…) pendant plusieurs années.
Et si vous avez des doutes sur la santé administrative de votre microentreprise, vous pouvez faire un audit gratuit de votre compte URSSAF avec Superindep !